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© Reuters
Le Mistral, un bâtiment de la Marine française, lors d'un ravitaillement par un navire brésilien, pendant les opérations de recherche mises en oeuvre après la disparition le 1er juin dans l'Atlantique d'un Airbus A330 d'Air France qui effectuait la liaiso
PARIS (Reuters) - Les recherches des "boîtes noires" du vol Rio-Paris qui s'est abîmé dans l'Atlantique le 1er juin avec 228 personnes à bord seront prolongées au-delà du 10 juillet, déclare le secrétaire d'Etat français aux Transports.
Dans leur premier rapport diffusé jeudi, les enquêteurs français ont écarté l'hypothèse d'une dislocation ou explosion en vol de l'appareil, affirmant que l'Airbus A330 d'Air France avait heurté entier la surface de la mer.
Le Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) a cependant souligné qu'il était loin d'avoir élucidé les causes de la catastrophe, faute de disposer des enregistreurs de vol, ou "boîtes noires", dont les balises émettent pendant environ un mois.
Si les recherches acoustiques échouent, la quête sera poursuivie par d'autres moyens, a cependant assuré le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.
D'importants moyens sont déployés sur place par le Brésil et la France pour retrouver les enregistreurs, notamment le sous-marin nucléaire français Emeraude.
"On pourrait s'arrêter aux alentours du (...) 10 juillet, on ne le fera pas. Si on ne trouve pas avec les moyens classiques jusqu'au 10 juillet, ensuite on continuera avec des moyens d'exploration sous-marins", a dit Dominique Bussereau sur RTL.
"Tous nos efforts, c'est dire la vérité aux familles, dire la vérité au personnel d'Air France et puis dire la vérité à chacun d'entre nous qui utilise le transport aérien et qui veut savoir ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.
Les chances de retrouver les "boîtes noires" sont "assez faibles mais on y va quand même", a-t-il insisté.
LE PLAN DE VOL A ÉTÉ TRANSMIS, AFFIRME RIO
Dans son rapport, le BEA a confirmé que les pilotes avaient été confrontés dans les dernières minutes du drame à une série de dysfonctionnements importants, dont des indications de vitesse incohérentes.
Les enquêteurs ont dit que les sondes de vitesse Pitot, dont la fiabilité a été mise en cause, étaient un élément constitutif mais non la cause de l'accident.
Le rapport a également mis en évidence le fait que plus de six heures s'étaient écoulées entre le dernier contact radio, puis l'envoi par l'appareil de 24 messages électroniques signalant des pannes et le déclenchement de l'alerte par Madrid.
Or, l'appareil aurait dû auparavant passer des mains du contrôle aérien brésilien à celui de Dakar, au Sénégal.
Le chef d'enquête du BEA, Alain Bouillard, a dit que l'équipage avait tenté à trois reprises de prendre contact par satellite avec Dakar, sans succès. De leur côté, les contrôleurs sénégalais ne semblent pas s'être inquiétés de la disparition de l'avion.
Parmi les éléments d'explication, Alain Bouillard a avancé que le contrôle brésilien n'avait pas transmis le plan de vol à Dakar.
"L'organisme de Dakar n'avait pas été destinataire du plan de vol parce qu'il avait été oublié probablement dans l'adressage qu'avait fait l'organisme de contrôle brésilien", a-t-il dit.
À Rio, le porte-parole des forces aériennes brésiliennes, Henry Munhoz, a démenti tout oubli du contrôle brésilien.
"Le BEA a fait une interprétation, disant que le Brésil n'avait probablement pas transféré le plan de vol à Dakar, mais cela n'est pas passé comme ça", a-t-il dit à Reuters. "Nous avons une transcription qui a été envoyée au BEA. Nous avons l'information selon laquelle Dakar a bien reçu le message".
Elizabeth Pineau, avec Pedro Fonseca à Rio de Janeiro, édité par Gilles Trequesser