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© Reuters
Image d'une culture de virus de la grippe A(H1N1) observée au microscope. Une jeune fille porteuse du virus est morte en France mais l'Institut national de veille sanitaire (InVS) n'indique pas si ce décès est directement lié ou non au H1N1. "Il s'agit du
PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a appelé jeudi à la vigilance après la mort d'une jeune fille de 14 ans porteuse du virus de la grippe A(H1N1) et souffrant d'autres maladies sévères.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, ne s'est pas prononcée sur le rôle du virus dans le décès de l'adolescente, soulignant seulement son caractère aggravant.
"Ce que nous savons, c'est que les virus, même réputés peu sévères, peuvent avoir des conséquences graves chez les populations fragiles", a-t-elle dit sur TF1.
Dans un premier temps, l'Institut de veille sanitaire (InVS) avait indiqué que l'évaluation clinique du cas de cette jeune fille "n'était pas en faveur d'un décès directement lié au virus A(H1N1)."
Mais dans un second communiqué, l'institut a supprimé ce paragraphe, sans en préciser la raison. "Il s'agit du premier décès en France d'une personne chez laquelle le virus A(H1N1) a été identifié", a-t-il souligné.
L'InVS a ajouté que cette jeune fille, hospitalisée au CHU de Brest, dans le Finistère, "souffrait d'une maladie grave, compliquée d'une infection pulmonaire sévère autre que la grippe."
Roselyne Bachelot a assuré que la vigilance des autorités françaises ne faiblirait pas pendant l'été face à la grippe A(H1N1), dont elle prévoit une recrudescence à la rentrée.
"EFFET TRÈS AGGRAVANT"
Des scientifiques comme le professeur Bernard Debré ont reproché au gouvernement d'en faire trop, estimant que le virus était pour l'instant "un peu moins dangereux" que la grippe saisonnière dans l'hémisphère Sud.
Pour la ministre de la Santé, le décès de l'adolescente de Brest "nous indique qu'il faut se préparer à cette vaccination, qu'il faut protéger les Français." "C'est une grippe qui peut avoir sur les personnes fragiles un effet très aggravant", a-t-elle insisté.
Le gouvernement a prévu de lancer une campagne de vaccination à l'automne.
En France, l'InVS dénombrait 1.022 cas avérés au 28 juillet, dont quatre avaient nécessité une hospitalisation en unité de soins intensifs. A ce bilan, s'ajoute le décès de l'adolescente de 14 ans au CHU de Brest.
"La vigilance est de mise même en période de vacances", a insisté Roselyne Bachelot sur une autre chaîne de télévision, France 2.
Selon la ministre de la Santé, il est "absolument certain" que la rentrée scolaire facilitera la diffusion du virus. La France pourrait alors passer au niveau 6 d'alerte, le niveau maximum, contre 5A actuellement.
Un nouveau cas a été confirmé mardi à l'hôpital Foch de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, a-t-on appris de source hospitalière. Le kinésithérapeute du service pneumologie est soigné chez lui et son état n'inspire aucune inquiétude.
Roselyne Bachelot s'est défendue de toute "opération médiatique." "Je ne suis pas, dans cette préparation à la grippe, dans une opération médiatique. Je suis ministre de la Santé, je m'appuie sur les avis des meilleurs infectiologues, virologues, épidémiologistes français que nous avons autour de nous pour nous préparer à cette pandémie", a-t-elle dit.
"Avec cette forte diffusion de ce nouveau virus, nous pourrions avoir des conséquences sanitaires importantes", a souligné Roselyne Bachelot. Mais "l'impact de la pandémie n'est pas seulement sanitaire c'est un impact sur l'ensemble de l'organisation de notre pays", a-t-elle fait valoir.
Dans une communication rendue publique mercredi, le ministère du Travail a demandé aux entreprises de mettre au point un Plan de continuité d'activité.
Il envisage le recours à des mesures extrêmes sur le plan du droit du travail, comme le rappel des retraités ou la "modification des plages d'ouverture".
Laure Bretton et Jean-Baptiste Vey