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Le taureau, symbole de l'optimisme de Wall Street. La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, conseille à la finance mondiale une "cure de désintoxication collective" pour éviter les dérives du passé, notamment en matière de rémunérations. /P
PARIS (Reuters) - La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, conseille à la finance mondiale une "cure de désintoxication collective" pour éviter les dérives du passé, notamment en matière de rémunérations.
"La finance internationale a vécu des dérives qui nous ont menés dans le mur. Maintenant, il faut absolument qu'elle passe par une véritable cure de désintoxication internationale collective", a-t-elle déclaré sur Europe 1.
"Les banquiers, collectivement, doivent comprendre qu'on a changé d'époque et qu'on ne joue plus selon les mêmes règles", a-t-elle souligné.
Christine Lagarde a rappelé qu'elle souhaitait la disparition des bonus garantis et que les traders soient payés en fonction de la performance.
"Un bonus ne doit pas être une incitation à une prise de risque inutile et dangereuse", a-t-elle dit. "Si le risque se réalise au détriment de la banque ou de la collectivité, il faut que l'opérateur en fasse les frais".
Elle a souhaité que cette question soit "en haut de l'agenda" du prochain sommet du G20, fin septembre à Pittsburgh aux Etats-Unis.
Quelques minutes plus tôt sur RTL, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait demandé aux établissements bancaires de respecter les règles internationales en matière de rémunérations.
"Ces règles internationales existent, il faut les respecter", a-t-il dit.
"Il est normal d'avoir une rémunération fixe très modeste et une rémunération variable plus importante quand on est dans des métiers terriblement volatils dans lesquels vous avez des périodes de vaches grasses et des périodes de vaches maigres", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre français, François Fillon, a demandé jeudi aux banques de respecter leurs engagements, après la révélation d'une provision par BNP Paribas de centaines de millions d'euros pour ses traders, qui a provoqué l'indignation de l'opposition et une demande de rapport par la ministre de l'Economie.
Une réunion, qualifiée de "technique" par Christine Lagarde, doit avoir lieu vendredi matin à Matignon.
La ministre a indiqué qu'il n'était "pas question de donner des ordres aux banques" mais de "leur dire 'faites votre métier' : offrir du crédit aux entreprises et aux particuliers de manière active et entreprenante en particulier à l'automne".
Elizabeth Pineau, édité par Véronique Tison