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L'ancien Premier ministre Michel Rocard, président de la commission qui a proposé une taxe carbone, et la majorité UMP dénoncent le débat selon eux faussé lancé par les socialistes sur cette contribution. Le premier secrétaire du PS Martine Aubry s'est pr
PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Michel Rocard, président de la commission qui a proposé une taxe carbone, et la majorité UMP dénoncent le débat selon eux faussé lancé par les socialistes sur cette contribution.
Le premier secrétaire du PS Martine Aubry s'est prononcé dimanche pour une fiscalité écologique mais contre la "taxe carbone de l'UMP", dont Ségolène Royal a demandé le retrait au grand dam du chef de file d'Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit.
Elle a expliqué lundi sur France Info qu'il n'y avait en réalité pas de divergences entre les socialistes et les Verts.
"Nous disons que la France a besoin d'une contribution énergie-climat, c'est-à-dire qu'on change les comportements en incitant à payer ceux qui effectivement dépensent beaucoup en matière d'énergie", a-t-elle souligné.
"Mais nous ne sommes pas favorables à la taxe carbone que propose le gouvernement", a-t-elle précisé en estimant qu'il fallait des compensations sociales.
"Ça ne sert à rien de taxer si on ne donne pas par ailleurs les moyens aux salariés d'avoir des voitures propres, si on ne leur donne pas surtout des moyens pour aller travailler, d'avoir des moyens de transport collectif à la fois efficaces, proches de chez eux et pas trop coûteux", a-t-elle ajouté.
Michel Rocard a ironisé sur cette position.
"J'ai plutôt souri en entendant ça, parce que je me suis aperçu que le PS faisait des recommandations de mon rapport, d'une certaine façon, des conditions préalables à l'acceptabilité de la taxe carbone. C'est formidable", a-t-il dit.
"Mon rapport dit ça", a-t-il ajouté, en rappelant qu'il avait proposé de compenser "pour les classes populaires et l'essentiel des classes moyennes les surcharges qui seront à payer par les gens qui ne peuvent pas ne pas prendre leur voiture par exemple, les banlieusards lointains, tous les ruraux, tous ceux qui travaillent la nuit".
"DÉMAGOGIE"
"Si on ne les compense pas, la taxe sera en effet injuste", a-t-il conclu en soulignant qu'on ne pouvait se prononcer tant que le gouvernement n'en aurait pas arrêté les modalités d'application, qu'il attend pour le début de 2010.
La majorité s'en est également pris aux socialistes.
"En fin de compte, les socialistes ont préféré la démagogie à l'écologie et aux écologistes", a dit lundi sur Europe 1 le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand.
L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a quant à lui estimé que le PS travestissait les projets du gouvernement en faisant croire qu'il n'y aurait pas de compensation.
"Ce n'est pas du tout ce qui est proposé puisqu'il s'agit de redistribuer, y compris à ceux qui vont travailler en voiture, qui ont besoin de financer leur transport", a-t-il dit sur Canal + en dénonçant une "opération de maquillage".
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a en effet assuré samedi que l'objectif du gouvernement était de redistribuer intégralement aux ménages le produit de la taxe carbone, des compensations étant accordées aux plus fragiles.
Elle a confirmé que le gouvernement envisageait de fixer la taxe carbone aux alentours de 15 euros la tonne de CO2, bien en deçà des 32 euros avancés par la commission Rocard.
Ségolène Royal a demandé le retrait de la future taxe carbone dont l'entrée en vigueur est prévue en 2010, un impôt selon elle "absurde, injuste et historiquement décalé dans le temps" puisque les alternatives "propres" manquent.
"Ce qu'a dit Ségolène Royal, c'est complètement ridicule, c'est absolument ridicule", avait répliqué Daniel Cohn-Bendit.
Le député européen a même estimé qu'une telle position pourrait être un obstacle à une participation des écologistes à des primaires ouvertes à toute la gauche.
Yves Clarisse, édité par Gérard Bon