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Les Verts et des responsables socialistes dénoncent comme racistes des propos prêtés au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux lors du campus d'été des Jeunes UMP, le week-end dernier à Seignosse (Landes), et diffusés sur le site internet du Monde dans u
PARIS (Reuters) - Des partis de gauche et organisations antiracistes dénoncent comme racistes des propos prêtés au ministre français de l'Intérieur et diffusés sur le site internet du Monde dans une vidéo.
Le Premier ministre, François Fillon, a déploré jeudi soir sur TF1 une campagne de dénigrement "scandaleuse" contre Brice Hortefeux et lui a renouvelé sa confiance.
Le ministre estime pour sa part qu'il s'agit d'une "vaine et ridicule tentative de polémique", se défendant d'avoir fait référence à l'origine ethnique d'un militant.
Les faits se sont déroulés le 5 septembre sur le campus d'été des Jeunes UMP, à Seignosse (Landes), alors qu'on présentait à Brice Hortefeux un jeune militant d'origine maghrébine et membre d'une délégation de l'Auvergne.
Dans la séquence diffusée, le ministre dit à la fin d'un échange, aux côtés de Jean-François Copé, président du groupe UMP de l'Assemblée nationale : "Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."
Interrogé par le quotidien, le militant UMP présent sur cette vidéo défend le ministre : "Ça a été entièrement sorti du contexte (...). C'est honteux. Je suis Arabe mais il m'a tout à fait respecté (...). Je ne considère pas que c'est un dérapage".
Brice Hortefeux a précisé sur France Info qu'il faisait référence au "prototype auvergnat" du jeune militant et non à une origine ethnique supposée.
"Alors qu'il prenait une photo à la demande d'un jeune militant, des commentaires du public ont porté sur les caractéristiques supposées des habitants de l'Auvergne, région d'origine de Brice Hortefeux", explique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Le ministre a tenu ces propos "par référence aux très nombreux clichés qu'il venait de prendre avec la délégation auvergnate", ajoute le texte.
APPELS À LA DÉMISSION
"Cette polémique est totalement ridicule, elle est de surcroît très injuste et je n'exclus aucune piste sur le plan juridictionnelle", a insisté Brice Hortefeux sur France Info.
La diffusion de cette séquence intervient après la "mise à la retraite d'office" du préfet Paul Girot de Langlade par le conseil des ministres.
Le haut fonctionnaire, soupçonné d'avoir prononcé des propos racistes, à la mi-août, lors d'un contrôle dans un aéroport parisien, a accusé Brice Hortefeux d'avoir monté une cabale contre lui pour faire oublier son passage au ministère de l'Immigration.
Jeudi, Paul Girot de Langlade a estimé qu'après ce "dérapage verbal", Brice Hortefeux devait être lui aussi mis à la retraite d'office.
"Je me dis que le plus raciste des deux, ce n'est pas moi. Je souhaite qu'il vienne me rejoindre, comme ça au moins on sera deux", a-t-il dit sur France Info.
Martine Aubry, premier secrétaire du PS, se dit "choquée" par un commentaire "absolument effrayant" et a souhaité implicitement sur RTL la démission de Brice Hortefeux, en lui demandant d'appliquer à lui-même la règle visant l'ex-préfet.
Pour les Jeunes socialistes, cette déclaration a "le bruit et l'odeur du racisme" et le ministre doit "remettre sa démission".
"Il ne s'agit rien de moins que du racisme banal, bête et méchant à la Dupont-Lajoie", renchérit la porte-parole des Verts Djamila Sonzogni dans un communiqué.
L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) se déclare également choquée par des propos "indignes d'un ministre de la République". Le Mouvement contre la racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) souligne qu'à plusieurs reprises la conversation avait porté sur les origines du jeune homme, révélant une "véritable obsession chez ce ministre."
Gérard Bon, édité par Sophie Louet