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© Reuters
Au tribunal où est jugé l'affaire Clearstream à Paris. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ne renoncerait pas à sa constitution de partie civile dans l'affaire Clearstream et a commis un lapsus en affirmant que les "coupables" étaient devant le tribunal. L'av
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy est critiqué par l'opposition socialiste et centriste après son lapsus à propos des suspects du procès de l'affaire Clearstream, qu'il a qualifié mercredi de "coupables".
Le député socialiste François Hollande a rappelé sur France 2 que le chef de l'Etat, avocat de profession, aurait dû avoir le sens des mots et se souvenir que les prévenus d'un procès étaient présumés innocents, selon un principe constitutionnel.
"Le lapsus est fâcheux, parce que Nicolas Sarkozy, président de la République, a autorité sur les parquets, les procureurs. Donc il a été victime de ce qu'il a fait lui-même (...) En étant partie prenante de ce procès, il entretient une confusion qui se retourne contre lui", a-t-il dit.
Selon l'ancien premier secrétaire du PS, Nicolas Sarkozy aurait dû retirer sa constitution de partie civile au procès, où comparaît notamment son rival à droite, Dominique de Villepin.
Pour le président du Modem, François Bayrou, l'épisode met en lumière la position du président qu'il juge problématique.
"Me Freud aurait dit que c'était un lapsus révélateur, révélateur de l'ambiguïté de la position qui est celle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire", a-t-il dit.
Il souligne que le chef de l'Etat est à la fois plaignant dans ce dossier et garant, dans la Constitution, de l'indépendance de la justice. Il est par ailleurs en position de donner des consignes au procureur, qui représente l'accusation.
"Ce déséquilibre-là, cette position anormale ne devrait pas être acceptée dans une République qui a des principes", a dit François Bayrou.
Mercredi soir, les propos de Nicolas Sarkozy tenus de New York où il se trouve cette semaine pour l'Assemblée générale de l'Onu et le sommet du G20, ont troublé l'audience du procès qui se poursuivait au même moment à Paris.
Me Olivier Metzner, avocat de Dominique de Villepin, a pris la parole devant le tribunal en pleine audience, après en avoir été informé.
"La présomption d'innocence fait partie de nos textes et le président la met en cause en parlant devant des dizaines de millions de Français", a-t-il dit.
"On a voulu pendre à un croc de boucher Dominique de Villepin. Est-ce que cette atteinte à la justice est acceptable?", a-t-il ajouté.
L'avocat du chef de l'Etat au procès, Me Thierry Herzog, a dit aux journalistes qu'il considérait pour sa part les prévenus du procès comme présumés innocents, à la différence du président.
Le procès doit reprendre lundi.
Thierry Lévêque, édité par Grégory Blachier