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Les ricochets de l'affaire Clearstream ont atteint Le Touquet, où les parlementaires UMP, embarrassés par le lapsus de Nicolas Sarkozy sur les "coupables" du procès en cours, ont tenté une parade sans parvenir à masquer leurs divisions. Le secrétaire géné
par Sophie Louet
LE TOUQUET, Pas-de-Calais (Reuters) - Les ricochets de l'affaire Clearstream ont atteint Le Touquet, où les parlementaires UMP, embarrassés par le lapsus de Nicolas Sarkozy sur les "coupables" du procès en cours, ont tenté une parade sans parvenir à masquer leurs divisions.
L'affrontement larvé entre sarkozystes et villepinistes a resurgi au lendemain des propos du chef de l'Etat sur les prévenus traduits devant le tribunal correctionnel de Paris.
Cette entorse à la présomption d'innocence a conduit les avocats de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui est dans le box des accusés pour cette présumée tentative de manipulation contre le chef de l'Etat, à demander une procédure civile de demande en réparation contre Nicolas Sarkozy.
Le sénateur Gérard Longuet a illustré le trouble de la majorité en rappelant le précédent de Michel Poniatowski, ministre de l'Intérieur de Valéry Giscard d'Estaing, condamné par la Cour européenne des droits de l'Homme à deux reprises pour avoir présenté un prévenu comme un "coupable" - en l'occurrence Patrick de Ribemont - dans l'affaire de l'assassinat du prince Jean de Broglie en 1976.
"Sur ce terrain, je suis d'une extrême prudence, car je considère que chacun est présumé innocent tant qu'il n'est pas définitivement condamné", a-t-il dit à des journalistes à l'ouverture des journées parlementaires UMP.
Le président du groupe UMP au Sénat a par la suite quelque peu amendé ses commentaires en parlant d'une référence "mal placée".
Les députés villepinistes, pour leur part, ne se sont pas embarrassés de nuance, portant au Touquet la contre-attaque lancée à Paris par les avocats de Dominique de Villepin.
"Ce mot a sa place dans la passion d'une partie, dans la technique d'un avocat, pas dans la bouche d'un président de la République", a déclaré à des journalistes Hervé Mariton.
Alors que des élus confiaient en privé leur gêne face à "une maladresse", Jean-Pierre Grand a estimé que les propos du chef de l'Etat, enregistrés à New York par TF1 et France 2, n'étaient pas "improvisés".
"Le président est maître dans l'art des mots", a-t-il dit, appelant à "un grand soutien populaire" en faveur de Dominique de Villepin pour qu'il "sente le peuple derrière lui".
"OÙ EST LE PROBLÈME"?
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, a fait montre de la même prudence qu'il observe depuis le début du procès.
"J'ai entendu le président, j'ai compris qu'il faisait toute confiance à la justice pour déterminer qui est coupable et qui ne l'est pas dans cette affaire, où, je le rappelle quand même, il a été victime", a-t-il déclaré.
Christian Jacob, un proche de Jean-François Copé, a voulu lui aussi calmer les esprits, estimant que les parties "n'avaient rien à gagner" à "jeter de l'huile sur le feu".
Face au malaise qui a rapidement éclipsé l'union sacrée de "l'hyper-Parlement", le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, ont livré un argumentaire qui n'avait rien d'une improvisation pour défendre le chef de l'Etat.
"Est-ce qu'un seul nom, hier soir, a été cité par le président de la République ? Alors où est le problème? Il n'y a pas de problème ", a répété Xavier Bertrand aux journalistes.
"Quand il y a une ordonnance de renvoi devant un tribunal correctionnel, c'est du sérieux", a-t-il souligné.
"Qui a mis ces noms sur les faux listings (Clearstream, NDLR)? Pourquoi ? Pour le compte de qui ? Il y a donc bien des coupables", a martelé Xavier Bertrand.
Sur le même mode, Bernard Accoyer a affirmé que Nicolas Sarkozy s'était exprimé "en général". "Je n'ai pas entendu le président citer qui que ce soit".
"Les juges décideront, le procès n'aura lieu qu'en un lieu, le prétoire", a-t-il ajouté.
Comme pour rappeler les uns et les autres à la retenue juridique et politique, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, interrogée par des journalistes, a lâché : "Je ne m'exprime pas sur une affaire en cours".
édité par Yves Clarisse