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L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a nié mardi avoir eu dans ses mains les faux listings de la société financière Clearstream, objet d'une manipulation pour laquelle Nicolas Sarkozy est plaignant. /Photo prise le 29 septembre 2009/REUTERS/Cha
PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a nié mardi avoir eu dans ses mains les faux listings de la société financière Clearstream, objet d'une manipulation pour laquelle Nicolas Sarkozy est plaignant.
C'est la première fois qu'il s'exprimait sur les faits lors du procès qui s'est ouvert la semaine dernière et dans lequel il est notamment jugé pour "complicité de dénonciation calomnieuse" et "complicité de faux".
"Je n'ai jamais eu connaissance de ces listings et je ne les ai jamais eus entre les mains", a-t-il dit au tribunal correctionnel, à la cinquième audience du procès.
La manipulation a consisté en la diffusion de faux listings de comptes bancaires imputant à des centaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, la possession d'argent sale.
Il est reproché à Dominique de Villepin d'avoir laissé faire la manipulation en 2004 selon le parquet, voire d'en avoir été l'instigateur, selon les conclusions des juges d'instruction. Sur le banc des plaignants face à lui, il y a notamment le président de la République, son rival à droite.
L'interrogatoire principal de Dominique de Villepin n'est prévu que mercredi, mais il a été questionné ce mardi par le procureur au passage d'une autre partie civile, le magistrat Gilbert Flam, dont le nom est apparu parmi les centaines d'autres portés sur les faux listings.
Ce magistrat avait eu maille à partir avec le président Jacques Chirac lorsque Dominique de Villepin était son secrétaire général à l'Elysée.
Gilbert Flam, qui a été détaché à la DGSE - les services secrets - de 1992 à 2002, était soupçonné d'avoir fait mener une enquête au Japon en 2000-2001 sur un supposé compte bancaire secret qu'y aurait détenu Jacques Chirac.
Pour l'accusation, la présence de son nom sur les faux listings conduit à soupçonner Dominique de Villepin. Pour la défense de ce dernier, c'est pour chercher à stimuler son intérêt qu'on a utilisé le nom de Gilbert Flam, mais Dominique de Villepin n'est pour rien dans la manipulation.
Gilbert Flam a dit à la barre qu'il soupçonnait Imad Lahoud, un des prévenus, d'être l'auteur du faux, mais il aussi a mis en cause Dominique de Villepin, coupable selon lui de s'être abstenu de dénoncer la manoeuvre alors qu'il en avait connaissance.
Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse