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La réforme du statut de La Poste aura lieu comme prévu malgré le succès du "non" lors de la "votation citoyenne" organisée par un collectif opposé à la privatisation de l'entreprise publique. /Photo prise le 26 février 2009/REUTERS/Eric Gaillard
PARIS (Reuters) - La réforme du statut de La Poste aura lieu comme prévu malgré le succès du "non" lors de la "votation citoyenne" organisée par un collectif opposé à la privatisation de l'entreprise publique, déclare le gouvernement.
Plus de 98% des quelque 2,1 millions de personnes qui ont voté la semaine dernière se sont prononcées contre la "privatisation" de La Poste.
Forte de ce résultat, la gauche a exhorté Nicolas Sarkozy à organiser un référendum à bref délai sur le changement de statut de l'entreprise publique.
Le gouvernement conteste la légitimité de cette "votation" sans valeur juridique, arguant du fait que le projet de loi sur le changement de statut de La Poste ne prévoit pas une "privatisation" mais une transformation en société anonyme à capitaux 100% publics au 1er janvier 2010.
Dans un communiqué, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, déclare avoir "pris acte avec beaucoup d'attention de la démarche des Français", mais se dit résolu à poursuivre la réforme de l'entreprise pour la rendre compétitive en vue de l'ouverture en 2011 du marché postal à la concurrence.
"Dans ce contexte sans précédent, ne rien faire serait à la fois inconscient et irresponsable car, pour La Poste, le statu quo serait mortel", dit-il.
Interrogé sur RTL, Luc Chatel a, lui aussi, confirmé que la réforme de La Poste serait menée à son terme.
"Bien sûr, nous ferons la réforme parce que je n'ai pas très envie demain que la poste allemande, que la poste néerlandaise viennent tailler des croupières à nos bureaux de poste, à nos opérateurs postiers sur l'ensemble du territoire", a déclaré le porte-parole du gouvernement, qualifiant la votation citoyenne de "tartuferie".
LE PS VEUT UN RÉFÉRENDUM
"A ces deux millions de personnes, je leur dis: 'le gouvernement est tellement attaché à La Poste qu'il ne veut pas la privatiser et qu'il travaille à son avenir (...) pour qu'elle investisse et qu'elle puisse jouer les poids lourds dans le marché européen de la poste de demain", a-t-il ajouté.
Jean-Marc Ayrault a confirmé pour sa part que le Parti socialiste déposerait une proposition de loi le 15 octobre visant à fixer les modalités d'organisation d'un référendum d'initiative populaire.
"Le gouvernement a fait voter une réforme de la Constitution (en juillet 2008) qui permet le référendum d'initiative populaire mais, pour l'instant, on ne peut pas le faire parce que le président de la République n'a toujours pas inscrit à l'ordre du jour la loi organique", a dit le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale sur Europe 1.
Pour Christian Estrosi, l'idée d'organiser un référendum d'initiative populaire n'est pas recevable car la procédure n'a pas été conçue, selon lui, "pour s'opposer à un texte déjà en cours d'examen au Parlement, mais pour permettre la discussion d'un texte de loi original issu des citoyens".
Le projet de loi, dont l'examen doit débuter en novembre, prévoit une augmentation de capital de La Poste de 2,7 milliards d'euros - 1,2 milliard directement et 1,5 milliard via la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
"Lui refuser ces capitaux publics, c'est tuer La Poste", a déclaré le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand sur LCI.
Selon un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, 59% des Français souhaitent que le gouvernement organise un référendum national sur l'avenir de l'entreprise publique.
La Poste employait 295.742 salariés fin 2008 et comptait 11.330 bureaux et 5.600 "points de contact".
Clément Dossin, édité par Jean-Philippe Lefief