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Martine Aubry a réclamé des explications à Nicolas Sarkozy sur le renvoi de clandestins Afghans vers Kaboul, programmé par la France et la Grande-Bretagne selon les associations. /Photo prise le 12 septembre 2009/REUTERS/Gonzalo Fuentes
POISSY, Yvelines (Reuters) - Martine Aubry a réclamé mardi des explications à Nicolas Sarkozy sur le renvoi de clandestins Afghans vers Kaboul, programmé par la France et la Grande-Bretagne selon les associations.
La gauche et les organisations de défense des droits de l'homme ont poursuivi mardi la mobilisation contre un projet de "charter" franco-britannique visant à reconduire en Afghanistan des immigrés arrêtés dans les deux pays, notamment dans la région française de Calais.
A la mi-journée, une source gouvernementale expliquait qu'aucun "retour forcé" n'était envisagé mardi.
"Il n'y aura pas ce jour de retour forcé de migrants clandestins vers l'Afghanistan", a-t-on expliqué, sans préciser si le départ de l'avion était remis en cause.
"Il faudra que (le ministre de l'Immigration) M. Besson s'exprime et au-delà de lui le président de la République", a estimé le premier secrétaire du Parti socialiste, en déplacement dans les Yvelines pour soutenir le candidat PS à une législative partielle.
"Ce n'est pas la peine de faire des grands discours sur la France des droits de l'homme comme (Nicolas Sarkozy) l'a fait pendant la campagne présidentielle. Comment peut-on expliquer qu'on fait la guerre en Afghanistan contre les talibans (...) Comment peut-on expliquer dans le pays des droits de l'Homme qu'on renvoie des hommes qui sont ici pour survivre et faire vivre leurs familles en Afghanistan", s'est interrogée Martine Aubry.
Si ce "projet scandaleux" de charter prenait effectivement forme "cela constituerait un très grave manquement au droit d'asile", a écrit pour sa part la député Sandrine Mazetier, chargée de l'immigration au sein de la direction du Parti socialiste.
"ESCALADE"
"Malgré le satisfecit qu'il s'accorde à lui-même, (le ministre de l'Immigration) Eric Besson franchit une marche de plus dans le cynisme et l'inhumanité", dit-elle dans un communiqué.
Dans un message distinct, les Verts déplorent une "escalade inquiétante des gouvernements français et anglais".
"Les Afghans de Calais ne sont pas des parasites nuisibles dont il faut se débarrasser à tout prix mais des humains en détresse et en danger qui cherchent à vivre dignement et librement quelque part sur la planète", écrit Djamila Sonzogni, porte-parole du parti écologiste.
Les associations de défense des immigrés et des droits de l'homme jugent "inacceptable" de reconduire les réfugiés dans un pays en guerre, où les conditions humanitaires et de sécurité ne cessent de se dégrader.
Dans un communiqué, France terre d'asile, Forum réfugiés et le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE) "demandent expressément au président de la République française et au Premier ministre britannique de renoncer, dans l'instant et compte tenu de la situation sécuritaire très dégradée en Afghanistan, à éloigner des personnes de nationalité afghane vers Kaboul".
Les associations rappellent que les tribunaux français ont remis en liberté 130 des 138 Afghans qui avaient été interpellés le 22 septembre, en vue de leur éloignement, lors du démantèlement de la 'jungle' de Calais", une zone dans laquelle se rassemblaient les candidats à l'immigration en Grande-Bretagne.
Elizabeth Pineau et Clément Guillou, édité par Eric Faye