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Après avoir couronné des écologistes, des diplomates de carrière ou des économistes de terrain, le Comité Nobel norvégien devrait cette année jeter son dévolu sur un lauréat permettant d'en revenir à l'esprit originel du prix Nobel de la paix, à savoir un
par Wojciech Moskwa
OSLO (Reuters) - "Recherchons: faiseur de paix ou militant des droits de l'homme engagé, dont la reconnaissance par le prix Nobel de la paix influerait positivement sur un conflit en cours."
Telle pourrait être l'annonce passée cette année par le Comité Nobel norvégien pour dénicher le lauréat permettant d'en revenir à l'esprit originel de la distinction qu'a conçue Alfred Nobel en 1895 pour favoriser la paix.
L'attribution de la prestigieuse récompense vendredi, assortie cette année d'une somme de 1,4 million de dollars, s'est éloignée ces dernières années de cet esprit, en couronnant des écologistes, des diplomates de carrière ou des économistes de terrain.
Les prophètes habituels de tout acabit - des parieurs aux journalistes en passant par les diplomates - se sont essayés cette année encore à deviner le nom de l'heureux lauréat, mais aucun ne semble se dégager du lot.
Parmi les plus cités figurent la médiatrice colombienne Piedad Cordoba, la militante afghane des droits de l'homme Sima Samar et Morgan Tsvangiraï, l'opposant zimbawéen qui a accepté de devenir Premier ministre de son adversaire autocrate Robert Mugabe.
La militante franco-colombienne Ingrid Betancourt, ex-otage des Farc, le prince jordanien Ghazi ibn Mohamed, avocat du dialogue entre les religions, ainsi que les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy, sont également évoqués.
Mais pareilles supputations sont régulièrement démenties par les cinq membres - dont quatre femmes, cette année - du Comité Nobel norvégien, qui ne révèle jamais la liste des personnalités qui lui sont soumises.
"AVOIR UN EFFET SUR LES ÉVÉNEMENTS"
Cette liste comprend cette année un nombre record de 205 noms. Celui du lauréat sera rendu public vendredi à Oslo.
"Il est assez probable que le Comité récompensera quelqu'un qui est engagé dans des processus (de paix) en cours", a estimé Kristian Berg Harpeviken, président de l'Institut international de la paix d'Oslo.
"Ils veulent que le prix ait un impact sur des choses qui sont sur le point de se produire et avoir un effet sur les événements", a-t-il déclaré à Reuters.
L'an dernier, le prix avait été accordé au Finlandais Martti Ahtisaari pour trois décennies d'action diplomatique et de médiations dans nombre de conflits internationaux.
Ce choix avait été interprété comme une récompense pour toute une vie d'action et n'a pas semblé avoir d'impact majeur sur des conflits en cours.
L'élargissement de la notion de paix par le Comité Nobel ces dernières années pour y inclure l'activisme écologique et l'action de protection de l'environnement est considéré par beaucoup comme une dérive.
L'inventeur de la dynamite avait en effet déclaré vouloir distinguer ceux qui oeuvrent le mieux à la fraternité entre les nations, à l'abolition ou à la réduction des forces armées existantes et à la tenue de conférences de paix.
"Donner le prix à quelqu'un en plein milieu d'un conflit, avec une chance de doper son influence, est une façon sage d'utiliser le pouvoir du Nobel", a estimé le Pr Janne Haaland Matlary, de l'université d'Oslo.
Version française Marc Delteil