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La polémique sur Frédéric Mitterrand, mis en cause pour un livre où il raconte une expérience de tourisme sexuel en Asie et pour une intervention dans un procès, s'est poursuivie durant tout le week-end. /Photo prise le 9 octobre 2009/REUTERS/Christophe E
PARIS (Reuters) - La polémique sur le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand, mis en cause pour un livre où il raconte une expérience de tourisme sexuel en Asie et pour une intervention dans un procès, s'est poursuivie durant tout le week-end.
En réponse, le neveu de l'ancien chef de l'Etat a brandi samedi la menace de poursuites judiciaires contre les personnes lui reprochant son appui à deux jeunes gens jugés pour viol en mars à La Réunion.
Il a reçu le soutien dimanche du porte-parole du gouvernement Luc Chatel, du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson, et du fondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon.
"La chasse à l'homme, ça suffit. Le lynchage, y'en a marre (...) La vie privée de Frédéric Mitterrand ne me regarde pas", a dit Luc Chatel sur BFM TV.
Eric Besson a critiqué le fait que le porte-parole du PS Benoît Hamon ait estimé, tout comme le Front national, que le seul fait d'avoir pratiqué le tourisme sexuel en Thaïlande, même en disant le condamner, était incompatible avec un poste au gouvernement.
"Voir Benoît Hamon, en une semaine, passer de porte-parole du PS à porte-parole de Marine Le Pen, c'est une régression redoutable", a dit sur Canal+ Eric Besson.
Jean-Luc Mélenchon est allé plus loin. "On sort ça quatre ans après avec une citation truquée et aussitôt sort l'armée des jeteurs de pierres. Ça, c'est inacceptable", a dit sur Europe 1 l'ancien dirigeant socialiste.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé qu'il n'y avait pas lieu de parler de l'affaire, étant donné que le livre "La mauvaise vie", où Frédéric Mitterrand raconte son expérience avec un homme se prostituant en Thaïlande, était sorti il y a quatre ans.
BESANCENOT N'EST "NI AVOCAT, NI JUGE"
"Ça pose le problème de l'utilisation politique à des fins politiciennes d'un fait qui aurait dû être débattu à un moment. On n'aurait pas dû exploiter cette provocation du Front national", a-t-il dit sur i-Télé.
Le porte-parole du Nouveau Parti anti-capitaliste (NPA), Olivier Besancenot, a de son côté refusé de se prononcer sur le cas Mitterrand. "Je ne suis pas son avocat, je ne suis pas son juge non plus", a-t-il dit sur Canal +.
La majorité de droite a paru embarrassée par la polémique visant ce ministre qui, s'il n'a jamais été socialiste, n'est pas non plus issu de ses rangs.
L'intéressé s'est justifié de son passé de touriste sexuel, exhumé par le Front national. Il déclare n'avoir eu de rapports qu'avec des majeurs et a dit condamner le tourisme sexuel comme la pédophilie.
Cependant, l'affaire a été relancée par la publication par le Quotidien de la Réunion, vendredi, d'une lettre qu'il a envoyée en début d'année, lorsqu'il était directeur de la Villa Médicis à Rome, à un tribunal chargé de juger deux jeunes frères pour viol.
Dans cette lettre à l'en-tête de l'Académie de France à Rome, produite au procès par la défense, il précise que la famille des deux garçons, qu'il a dit connaître par son travail, était constituée de "personnes d'une parfaite moralité et fort honorables".
Il propose surtout de contribuer à leur réinsertion avec des stages de formation à la Villa Médicis. Samedi à Bordeaux, le ministre a dit avoir répondu à un "appel au secours" de la part de la famille des deux accusés.
Le Front national a relancé ses critiques en estimant que Frédéric Mitterrand s'était servi de sa fonction pour faire pression sur la justice.
Le ministre de la Culture est dans la tourmente depuis son soutien appuyé au cinéaste Roman Polanski, arrêté fin septembre en Suisse à la demande de la justice américaine dans une affaire de viol sur mineure remontant à 1977.
Clément Guillou et Thierry Lévêque, édité par Guy Kerivel