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LE DÉROULEMENT DU BRAQUAGE DE LYON
LYON (Reuters) - La police recherchait toujours vendredi le convoyeur soupçonné d'avoir volé 11 millions d'euros la veille dans le fourgon blindé qu'il conduisait, à Lyon.
Le procureur de la République de Lyon, Xavier Richaud, a précisé qu'une perquisition jeudi au domicile du suspect permettait de conclure qu'il avait organisé sa fuite.
Tony Musulin travaillait depuis dix ans comme agent à la société de transport de fonds Loomis.
"Son appartement a été vidé, nettoyé, le frigo était vide, on n'a pas retrouvé ses papiers, c'est comme s'il avait préparé sa fuite", a dit le procureur, ajoutant que l'homme avait vidé ses comptes en banque.
On précise de source policière que le suspect, originaire d'ex-Yougoslavie, a pu prendre la fuite vers l'Europe de l'Est.
Selon ses collègues de travail, le convoyeur n'avait qu'une fille, majeure, et qui ne vivait pas avec lui.
Tony Musulin était au volant du fourgon qui a disparu jeudi matin, après avoir chargé 11 millions d'euros à une succursale de la Banque de France, alors que ses deux collègues - des novices - avaient fait une halte pour un autre chargement.
Le fourgon a été retrouvé vide jeudi à la mi-journée dans la banlieue de Lyon.
VOITURES DE LUXE
Des collègues du suspect ont décrit un homme "devenu bizarre depuis quelques mois", se plaignant continuellement "d'être mal payé". Il disait en vouloir "aux patrons et aux banquiers".
Les syndicats de Loomis ont mis en avant des défauts de procédure qui auraient permis au braquage de réussir.
"Le camion n'aurait jamais dû transporter autant d'argent en une seule fois", explique Joël Chapuy, convoyeur chez Loomis et délégué CFDT. "Le montant maximal autorisé est de 7 millions d'euros, ils auraient dû faire le voyage en deux fois."
Il pose en outre la question d'éventuelles complicités, assurant que l'ouverture du coffre du fourgon "se fait nécessairement avec deux personnes, l'une tapant les codes et l'autre ouvrant la porte". Le coffre a été retrouvé ouvert sans effraction.
Joël Chapuy relève aussi que le volume que représentent 11 millions d'euros est difficile à transporter par un seul homme.
Les convoyeurs, qui gagnent environ 1.200 euros nets en début de carrière et 1.500 euros nets avec 20 ans d'ancienneté, évoquent régulièrement "sur le ton de la plaisanterie" les tentations auxquelles ils sont soumis, témoigne Joël Chapuy.
On indique de source policière que le suspect avait porté plainte en mai pour le vol d'une voiture de luxe, une Ferrari 430 F1, qu'il avait acquise au mois d'avril.
Le convoyeur, qui avait déclaré en 2002 le vol d'une autre voiture, une Audi A8, avait été entendu dans une affaire de stupéfiants dans les années 1990, avant son embauche chez Loomis, a-t-on ajouté de même source.
Catherine Lagrange et Nicolas Bertin, édité par Sophie Louet