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Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures pour lutter contre la vie chère et favoriser le développement économique des collectivités d'outre-mer, dix mois après la crise sociale sans précédent qui a secoué les Antilles françaises. /Photo prise le 6 n
par Yann Le Guernigou
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi une série de mesures pour lutter contre la vie chère et favoriser le développement économique des collectivités d'outre-mer, dix mois après la crise sociale sans précédent qui a secoué les Antilles françaises.
Le chef de l'Etat, qui s'exprimait devant un parterre d'élus locaux et de représentants du monde économique et de la société civile de ces territoires, a insisté sur la nécessité qu'ils soient mieux intégrés dans leurs environnements régionaux.
Il a déclaré que l'Etat se mobiliserait pour favoriser l'égalité des chances outre-mer, une des grandes revendications des états généraux qui ont permis de recueillir pendant quatre mois cette année les doléances des populations locales.
Lancés après les grèves contre la vie chère qui avaient paralysé plusieurs collectivités début 2009 - le conflit le plus dur, celui de la Guadeloupe, avait duré 44 jours - ces états généraux ont inspiré largement le catalogue de 137 mesures approuvées vendredi matin par un conseil interministériel avant leur annonce par le chef de l'Etat.
Signe de l'importance qu'il entend donner au dossier, il a annoncé que la secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, serait désormais ministre à part entière, même si elle reste rattachée au ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales.
L'Elysée n'a fourni aucun chiffrage pour la mise en oeuvre des mesures retenues, qui ont un caractère général ou local et s'étaleront sur cinq à dix ans, à l'exception d'une aide supplémentaire de 40 millions d'euros par an à l'agriculture locale pour favoriser la diversification de ses productions.
Pour Nicolas Sarkozy, les états généraux ont débouché sur "le constat que la situation prévalant dans les outre-mer n'était pas durable."
C'est notamment le cas pour les prix élevés de l'alimentation ou des carburants, un des éléments déclencheurs des grèves de début d'année.
COMMISSAIRES AU DÉVELOPPEMENT
Pour remédier à la situation, il a annoncé un renforcement de la réglementation en matière de concurrence, avec un abaissement des seuils de concentration qui devront être validés par les pouvoirs publics, et la création de "groupes d'intervention régionaux" chargés de traquer les abus de position dominante.
Les observatoires des prix locaux seront par ailleurs présidés par des personnalités indépendantes qui pourront saisir directement les services de la concurrence "lorsque des écarts de prix significatifs sont constatés" avec la métropole.
S'agissant du soutien aux économies locales, qui connaissent des taux de chômage compris entre 20% et 30% pour les plus grandes collectivités, Nicolas Sarkozy a annoncé la nomination de "commissaires au développement endogène".
Ils seront chargés dans les Antilles de travailler à la création d'un "véritable marché unique" entre la Martinique et la Guadeloupe ou, s'agissant de la Guyane et de la Réunion, de développer les relations avec les pays voisins.
L'Etat viendra en aide aux PME locales ainsi qu'au secteur de l'hôtellerie, dont le poids économique est important, sous la forme de chèques-vacances bonifiés utilisables sur place.
Pour les seules Antilles, dont la dernière saison touristique a particulièrement souffert des grèves, des moratoires sur les dettes sociales patronales sont prévus.
Les difficultés d'insertion des collectivités ultra-marines françaises dans leur environnement régional sont un des autres points importants soulevés par les états généraux.
Plusieurs des mesures adoptées y sont consacrées, comme un assouplissement des régimes de visas ou la possibilité pour les collectivités de participer aux négociations internationales qui les concernent, voire même d'y représenter la France.
Nicolas Sarkozy a annoncé par ailleurs son intention d'oeuvrer en faveur d'un "marché commun des Guyanes" regroupant la Guyane et ses voisins du Guyana, du Surinam et du Brésil.
Parmi les autres mesures annoncées figurent la nomination autant que possible sur place "à compétences égales" de hauts fonctionnaires ultra-marins, la création d'universités à rayonnement international dans chaque zone géographique et le "déblocage" du logement social.
Edité par Sophie Louet