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Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand ne souhaite pas "arbitrer" la polémique qui oppose la romancière Marie Ndiaye, lauréate du Prix Goncourt, et le député UMP de Seine-Saint-Denis, Eric Raoult. /Photo prise le 2 novembre 2009/REUTERS/Benoît Tess
PARIS (Reuters) - Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, refuse d'"arbitrer" la polémique qui oppose la romancière Marie Ndiaye, lauréate du prix Goncourt, et le député UMP de Seine-Saint-Denis Eric Raoult.
Marie Ndiaye avait affirmé dans une interview publiée cet été avoir quitté la France en grande partie à cause de l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007.
Dans une question écrite adressée au ministre, Eric Raoult a invoqué le "devoir de réserve" des écrivains récompensés par le prestigieux prix littéraire, estimant que les propos de Marie Ndiaye étaient "insultants" envers le gouvernement.
L'écrivain, qui a confirmé ses propos mercredi, en avait elle aussi appelé au ministre de la Culture pour qu'il mette un terme à cette affaire.
"Je n'ai pas à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur", a déclaré Frédéric Mitterrand dans une interview à France Bleu Isère. "Ça me regarde en tant que citoyen, cela ne me concerne pas en tant que ministre."
"Je ne veux pas entrer dans cette polémique", a-t-il ajouté. "Le prix Goncourt est une entreprise privée, tout à fait remarquable. Donc, les écrivains qui reçoivent le prix Goncourt, et Marie Ndiaye est un grand écrivain, ont le droit de dire ce qu'ils veulent.
"Par ailleurs, Eric Raoult, qui est un ami et un homme très estimable, a le droit lui aussi en tant que citoyen, voire en tant que parlementaire, de dire ce qu'il pense", a dit le ministre de la Culture.
Interrogée sur RMC, Ségolène Royal a estimé que "la liberté d'expression des écrivains est un bien très précieux. (...) Et heureusement qu'ils ont cette liberté d'expression.
"On lui reproche d'avoir tenu des propos désobligeants à l'égard de Nicolas Sarkozy. C'est un comble. Je crois que dans une démocratie, il doit quand même être possible de critiquer le pouvoir en place".
De son côté, le Parti socialiste écrit dans un communiqué que les écrivains "ont et ont toujours eu un rôle éminent d'alerte et d'interpellation du pouvoir".
"En voulant imposer le silence à ceux dont le métier est l'écriture, Eric Raoult s'inscrit dans la filiation des censeurs politiques", ajoute le PS.
Pierre Sérisier, édité par Yves Clarisse