SOMMAIRE
tout le sommaire
© Reuters
Dans un centre de vaccination contre la grippe A(H1N1), à Paris. Après les personnels de santé, plus de six millions de Français sont appelés à partir de ce jeudi à se faire vacciner contre la grippe A(H1N1) dans l'un des 1.060 centres mis en place par le
PARIS (Reuters) - Roselyne Bachelot s'est fait vacciner jeudi contre la grippe A(H1N1), devant force caméras, un geste que la ministre de la Santé a présenté comme un symbole à l'heure où la campagne de vaccination suscite de la défiance.
Après les personnels de santé, plus de six millions de Français sont appelés à partir de ce jeudi à se faire vacciner dans l'un des 1.060 centres mis en place par les autorités sanitaires et Roselyne Bachelot a voulu donner l'exemple.
Sont prioritaires les parents de bébés de moins de six mois, les professionnels de la petite enfance et les personnes dites fragiles, qui souffrent de diabète ou de pathologies cardiaques ou respiratoires, ce qui les rend plus vulnérables au virus.
Les bébés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes (à partir du deuxième trimestre de grossesse) devront attendre l'autorisation de mise sur le marché du vaccin sans adjuvant de Sanofi-Pasteur, qui pourrait être délivrée dans les tout prochains jours selon le ministère. Les enfants en âge scolaire seront concernés à partir du 25 novembre.
Jeudi, ils n'étaient qu'une poignée à attendre devant le gymnase Renoir, réquisitionné dans le XIVe arrondissement de Paris: trois hommes âgés souffrant de maladies respiratoires, un père et ses deux fillettes et plusieurs jeunes femmes venues avec leur nourrisson.
Selon un sondage CSA publié la semaine dernière, 76% des Français n'envisagent pas de se faire vacciner contre la grippe A(H1N1), contre 21% qui pensent le faire.
"Les gens hésitent parce qu'ils n'ont pas pris la perception du risque", a estimé Roselyne Bachelot, qui appelle les Français à des "vaccinations altruistes".
"SURINFORMÉS"
"Ma vaccination est un symbole de la confiance que j'ai dans la vaccination (et dans les) personnes qui vont assurer cette vaccination", a-t-elle dit avant de suivre le parcours de soins instauré dans les centres pour tous les patients.
Munis de leur bon de vaccination, envoyé par les Caisses primaires d'assurance maladie par ordre de priorité, ils doivent répondre à un questionnaire de santé avant de se faire administrer le vaccin, derrière de grands paravents en carton.
La ministre, tout sourire, a enlevé sa veste pour subir cette injection "complètement indolore" dans l'épaule droite. "Je ne suis pas trypanophobe, je n'ai pas peur des piqûres", a-t-elle plaisanté devant les caméras.
Au total, le gouvernement a acheté 94 millions de doses de vaccin pour 712 millions d'euros.
La France reste sur une stratégie à deux doses, qui seront injectées à trois semaines d'intervalle mais cela pourrait changer vers la fin novembre quand les résultats de tests d'immunité avec une seule dose seront connus, a dit Roselyne Bachelot.
Pour les enfants de moins de 10 ans, elle a indiqué qu'on en resterait sans doute à deux injections.
Devant le gymnase Renoir jeudi, en attendant que la ministre et son aréopage quittent les lieux, une petite foule s'est formée, où l'on comptait plus de journalistes que de patients.
Pour Claude, "c'est paradoxal, on est surinformés sur ce vaccin mais la surinformation a eu un effet contraire" et les gens ne veulent pas se faire vacciner.
A 63 ans, il est, lui, décidé. "Je suis grand-père, je dois être exemplaire. Surtout que mes enfants hésitent à faire vacciner mes deux petits-enfants", explique-t-il.
Julie, qui n'a pas de bon de vaccination mais est venue avec son fils de deux semaines, sera, elle, éconduite par les deux personnes chargées de l'accueil qui lui demandent de revenir avec le sésame.
Selon Roselyne Bachelot, horaires et conditions de vaccination dans les centres vont être adaptés "aux modes de vie" des Français. Certains ne sont ouverts pour l'instant que deux heures par jour ou à partir de midi. On pourra bientôt se faire vacciner après le travail ou le samedi, a-t-elle assuré.
Laure Bretton, édité par Yves Clarisse