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Vincent Peillon estime que Ségolène Royal s'est disqualifiée pour la présidentielle de 2012 en s'invitant samedi aux journées "arc-en-ciel" de Dijon. La présidente de Poitou-Charentes avait alors adressé un "avertissement" à son ancien lieutenant, coupabl
PARIS (Reuters) - Vincent Peillon a estimé dimanche que Ségolène Royal s'était disqualifiée pour la présidentielle de 2012 en s'invitant la veille aux journées "arc-en-ciel" de Dijon.
Le député européen socialiste a expliqué sur Canal + que l'ex-candidate socialiste à l'Elysée, mue par son "ambition personnelle" avait "d'une certaine façon abimé" un événement politique majeur - "un rassemblement et des propositions" avancées par tout le centre-gauche.
"A qui a-t-elle rendu service? Pas à la gauche mais à la droite je le crains", a déclaré son ancien lieutenant.
"Cela nous amène à une conclusion : Ségolène Royal ne pourra pas nous faire gagner en 2012. Elle s'est disqualifiée hier", a-t-il insisté.
Vincent Peillon anime le principal courant interne du Parti socialiste, "Espoir à gauche" (EAG), qui a soutenu Ségolène Royal lors du congrès de Reims, en novembre 2008.
"EAG" est à l'origine du "rassemblement social, écologique et démocrate", né en août à Marseille, avec des dirigeants du MoDem, d'Europe Ecologie et des anciens communistes, dont la réunion de Dijon, consacrée à l'éducation, était la première traduction concrète.
Après avoir régulièrement déclaré que les affaires internes du PS ne l'intéressaient pas, la présidente de Poitou-Charentes a tenté de reprendre la main sur le courant samedi.
"Je suis chez moi", a-t-elle lancé aux militants, adressant un "avertissement" à Vincent Peillon coupable à ses yeux de "faute politique" pour avoir critiqué son incapacité à rassembler et déploré son "auto-invitation".
GÂCHIS ET JALOUSIE
"J'entends Ségolène Royal dire: 'je vais recadrer', mais il faut qu'elle se recadre elle-même!", a répliqué le député européen dimanche, soulignant que tous ses amis la quittaient car "ses comportements ne sont pas bons".
Pour gagner la prochaine élection présidentielle, "il faut apprendre à rassembler. Je lui ai dit: 'tu divises toujours'", a-t-il insisté.
Comme Vincent Peillon, Manuel Valls déplore dans le Journal du Dimanche que l'ex-candidate présidentielle ait ravivé les rivalités de personnes au Parti socialiste.
Ancien partisan de Ségolène Royal et ayant également pris ses distances, le député-maire d'Evry explique que Ségolène Royal "continue à gâcher ce qu'elle représentait au détriment des autres".
Ces critiques viennent de dirigeants "qui ne digèrent pas qu'elle soit toujours là, toujours présente et surtout toujours aussi attendue par les militants", rétorque Guillaume Garot, député-maire de Laval et proche de Ségolène Royal.
"C'est vrai qu'elle n'est pas engagée dans la gestion au jour le jour du courant mais c'est elle qui en constitue la force", a-t-il dit à Reuters. Hier, "elle était parmi les siens, en famille pour soutenir une démarche, celle du dialogue, entre toutes les forces politiques qui veulent créer une alternative à Nicolas Sarkozy" en 2012.
Interrogé sur France 2, l'ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, a déploré mezzo voce les images de samedi.
La présence surprise de son ex-compagne et les amabilités échangées par voie de presse? "Je n'en pense rien parce que ce n'est pas cette manière de faire qui m'intéresse", a dit le député de Corrèze.
Service France, édité par Gérard Bon