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STABILISATION DU TAUX DE CHÔMAGE
PARIS (Reuters) - Le taux de chômage s'est stabilisé en France au troisième trimestre, à 9,1% en métropole, mais la poussée des inscriptions à Pôle emploi en octobre annonce une reprise de la tendance haussière en fin d'année.
Après cinq trimestres de hausse, le taux de chômage est resté inchangé à 9,1% en métropole entre juillet et septembre, avec 2,583 millions de chômeurs au sens du Bureau international du Travail (BIT), selon les données publiées jeudi par l'Insee.
En incluant les départements d'Outre-mer, il s'établit à 9,5% contre 9,4% au deuxième trimestre, ce dernier chiffre ayant été révisé en baisse de 0,1 point.
Sur un an, le taux de chômage affiche une hausse de 1,7 point en métropole. Tombé au début 2008 à 7,1%, son meilleur niveau depuis 25 ans, il était monté en flèche depuis lors pour revenir à son niveau du premier trimestre 2006.
Sont comptabilisés comme chômeurs au sens du BIT les demandeurs d'emplois de plus de 15 ans à la recherche effective d'un travail et disponibles dans les 15 jours pour le prendre.
La statistique reflète les moindres inscriptions à Pôle emploi au troisième trimestre ainsi que la baisse des destructions d'emplois, au nombre de 5.500 entre juillet et septembre.
Mais les derniers chiffres mensuels de Pôle emploi ont été mauvais avec 52.400 chômeurs supplémentaires en catégorie A, soit autant que les trois mois précédents, et laissent prévoir une fin d'année plus difficile.
"REPRISE EN TÔLE ONDULÉE"
"Il y a une reprise certaine mais un peu en tôle ondulée", a convenu Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, sur LCI.
"En termes de croissance je ne pense pas que (le quatrième trimestre) sera moins bon mais en termes d'emploi ce ne sera certainement pas aussi bon que le troisième trimestre.
"On aura une légère aggravation du chômage au sens du BIT parce que tout simplement on a eu des chiffres au mois d'octobre qui nous laissent penser que les demandeurs d'emplois sont en augmentation."
Olivier Gasnier, économiste à la Société générale, voit le taux de chômage augmenter encore modérément pour atteindre le seuil de 10,0% en métropole à la fin 2010.
"Il fait peu de doute que le dernier trimestre va voir une reprise à la hausse du taux de chômage", dit-il. "Mais autant il est trop tôt pour parler de retournement du marché de l'emploi, autant il ne faut pas prendre le mauvais chiffre d'octobre (de Pôle emploi) comme le signe d'une nouvelle envolée comme en début d'année".
L'ajustement du marché du travail à la récession est déjà bien engagé en France, fait-il valoir, alors qu'il reste à venir en Allemagne où le recours massif au chômage partiel maintient pour l'instant l'emploi à flot.
Le taux de chômage était de 8,1% en Allemagne en novembre, en baisse pour le cinquième mois consécutif.
BAISSE DU CHÔMAGE PARTIEL
En France, l'Insee ne publie plus de taux de chômage mensuel depuis une polémique sur sa méthode de calcul en 2006. Eurostat, l'agence de statistiques de l'Union européenne, continue en revanche de le faire et a annoncé mardi un taux de 10,1% (Dom compris) en octobre après 10,0% en septembre et 9,8% en août.
Selon l'enquête emploi de l'Insee, le taux de chômage des 15-24 ans s'établissait à 23,8% au troisième trimestre, en hausse de 0,3 point par rapport au trimestre précédent et de 4,6 points sur un an.
Le taux d'emploi de la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 64,0% à la fin septembre et le taux d'activité (emploi ou chômage) à 70,4%.
En équivalent temps plein toutefois, le taux d'emploi n'est que de 59,6%, en baisse de 0,4 point sur le trimestre et de 0,9 point sur un an. Il progresse toutefois chez les 55-64 ans à 42,0% contre 41,8% au deuxième trimestre et 41,2% il y a un an, une bonne nouvelle sur le front de l'emploi des seniors.
L'Insee note encore que le nombre de personnes en chômage technique ou partiel a baissé à 143.000 personnes au troisième trimestre, après avoir augmenté depuis la mi-2008 pour culminer à 258.000 au deuxième trimestre 2009.
Les personnes en situation de sous-emploi au sens du BIT - c'est-à-dire ayant un emploi à temps partiel et souhaitant travailler plus - a ainsi diminué de 0,3 point sur le trimestre pour représenter 5,4% des personnes ayant un emploi.
L'enquête montre encore que 3,3 millions de personnes en France ne travaillent pas mais souhaitent travailler, qu'elles soient ou non disponibles dans les deux semaines et qu'elles recherchent ou non un emploi - c'est ce qu'on appelle le "halo" du chômage.
Véronique Tison, édité par Yves Clarisse