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En proposant au MoDem une alliance dès le premier tour des élections régionales, Ségolène Royal place François Bayrou au pied du mur et bouscule, une fois de plus, la stratégie électorale du Parti socialiste. /Photo prise le 21 septembre 2009/REUTERS/Régi
PARIS (Reuters) - En proposant au MoDem une alliance dès le premier tour des élections régionales, Ségolène Royal place François Bayrou au pied du mur et bouscule, une fois de plus, la stratégie électorale du Parti socialiste.
Poursuivant sur sa lancée de 2007, l'ancienne candidate à la présidentielle, qui brigue en mars prochain un nouveau mandat à la tête de la région Poitou-Charentes, a proposé samedi cinq places éligibles au parti centriste sur sa liste.
"Notre responsabilité aujourd'hui, c'est de travailler ensemble pour (...) faire reculer le chômage et faire avancer l'environnement et je souhaite bien sûr que cette proposition soit acceptée", a-t-elle déclaré sur France Info.
Depuis 2007, l'ex-candidate à l'Elysée défend la constitution d'une majorité "arc-en-ciel", allant des communistes au MoDem en passant par les écologistes.
Entre les deux tours de l'élection présidentielle, en 2007, elle avait déjà tendu la main à François Bayrou, arrivé en troisième position avec près de 18% des voix.
Début octobre, elle a confirmé l'avoir rencontré, saluant l'idée du centriste de former un "Parlement de l'alternance" en vue de la prochaine présidentielle, en 2012.
Sa stratégie d'ouverture au centre, a été au coeur du congrès du Parti socialiste, à Reims en 2008, et l'une des causes de sa défaite face à Martine Aubry, qui avait défendu devant les militants une alliance à gauche.
"IL FAUT BIEN QU'IL Y AIT DES PIONNIERS"
Le premier secrétaire du PS, qui peine à construire la "maison commune de la gauche", doit lancer la campagne des élections régionales lors d'une convention samedi prochain à Tours - une réunion à laquelle Ségolène Royal ne compte pas assister.
La présidente de Poitou-Charentes a élargi cette fois le périmètre d'une éventuelle alliance, qu'elle veut proposer des altermondialistes aux centristes.
"Face à l'urgence écologique, économique et sociale, il faut avoir l'audace de dépasser les clivages des partis politiques pour mettre en place une sorte de coalition arc-en-ciel qui va des altermondialistes aux centristes, comme je l'ai toujours pensé", a-t-elle expliqué sur plusieurs médias.
"Il faut bien qu'il y ait des pionniers", a-t-elle ajouté.
Elle considère que cette éventuelle alliance pourrait être la première étape vers un rassemblement national en vue de la prochaine présidentielle, en 2012.
"Il faut déjà démontrer que c'est possible. C'est pour ça que l'opportunité des élections régionales doit être saisie. Si on peut construire ensemble sur les territoires, alors on peut sans doute construire ensemble aussi au niveau national", a déclaré Ségolène Royal.
Le président du MoDem, qui a proposé cette semaine la création d'un "grand arc central" afin de faire barrage à la droite en 2012, réunit ses troupes ce week-end à Arras. Samedi, il n'a pas souhaité répondre à la proposition de Ségolène Royal.
La direction du parti centriste ayant arrêté le principe de listes autonomes partout en France au premier tour des élections régionales, Ségolène Royal s'est adressée directement aux candidats de Poitou-Charentes.
"L'élection régionale est une élection locale. Je laisse entière liberté, entière responsabilité, aux responsables du MoDem régional de me donner la réponse qui leur semblera la plus utile possible", a-t-elle fait valoir.
Laure Bretton, édité par Grégory Blachier