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L'issue des négociations entre les syndicats et les patrons du transport routier semble dépendre de l'Etat, auquel le secteur réclame un geste sans lequel il ne contentera pas les revendications des salariés. /Photo d'archives/REUTERS/Yiorgos Karahalis
par Grégory Blachier
PARIS (Reuters) - L'issue des négociations entre les syndicats et les patrons du transport routier semble dépendre de l'Etat, auquel le secteur réclame un geste sans lequel il ne contentera pas les revendications des salariés.
Après une suspension en fin d'après-midi, les discussions visant à éviter une grève des transporteurs à l'approche des fêtes de fin d'année ont repris brièvement en début de soirée, cette fois en présence de représentants de l'Etat.
Absents des débats dans la journée, ceux-ci ont proposé un remboursement supplémentaire de la "taxe carbone" pour les entreprises du secteur, à hauteur de 100 millions d'euros, avant que la séance soit à nouveau levée, selon le site internet de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Elle doit reprendre jeudi à 16h00.
Les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) représentant les quelque 610.000 salariés du secteur menacent de bloquer les entrepôts de livraison de marchandises à partir de dimanche 21h30.
Dénonçant le gel des salaires imposé depuis deux ans par le patronat, qui invoque les répercussions de la crise sur le secteur, ils souhaitent obtenir un accord d'ici vendredi matin, faute de quoi ils lanceront leur mouvement de contestation. "L'urgence, c'est les salaires et les frais", soulignait mercredi matin Gérard Martinez, de Force ouvrière.
Mais en fin de journée, ils se heurtaient à l'intransigeance des organisations patronales, qui disent ne pas être en mesure de faire des concessions.
"Nous n'avons rien à donner", a dit à la presse Catherine Pons, présidente de l'Unostra, organisation qui réunit 4.500 petites et moyennes entreprises.
TEPA ET TAXE CARBONE
"Sans une aide extérieure qui serait une baisse de la fiscalité, on ne peut rien donner. Nous allons attendre que l'Etat s'engage véritablement sur des dates qui sont des dates butoir", a-t-elle ajouté.
Le patronat souhaite pouvoir appliquer totalement la loi "Tepa" qui permet de défiscaliser les heures supplémentaires, et demande à bénéficier de la même réduction de la "taxe carbone" que la filière agricole, soit 75% contre 36% aujourd'hui, a-t-elle détaillé.
L'initiative engagée mercredi vise ainsi à répondre à cette demande. Dans la journée, la discussion s'était concentrée sur le document présenté en ouverture de la séance par les médiateurs nommés lundi par le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.
Le texte propose comme point de départ de la négociation une revalorisation de 4% pour les bas salaires et 3% pour les niveaux intermédiaires, a précisé à la presse Maxime Dumont, secrétaire général de la CFDT Transports.
Les syndicats réclament le passage à un salaire de dix euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés, 4% d'augmentation pour toute la grille et 3% de hausse pour les frais de déplacement, ainsi qu'une protection sociale conventionnelle pour tous et la généralisation du 13e mois.
La FNTR a déclaré mardi, par la voix de son délégué général Jean-Paul Deneville, qu'elle serait disposée à rehausser de 2% les bas coefficients, illustrant le fossé entre patrons et syndicats.
Lors de la première suspension de séance, les représentants des salariés reconnaissaient qu'en l'absence de l'Etat et de réponse aux demandes du patronat, la discussion s'enlisait mais rappelaient que l'aide du gouvernement était avant tout requise par les patrons.
"Nous, on n'attend rien de l'Etat. On attend pour les salariés des avancées claires et simples sur les salaires, les frais de déplacement, la protection sociale", insistait Maxime Dumont.
L'intersyndicale s'est en revanche satisfaite du contenu du document élaboré par les médiateurs parce qu'il pourrait offrir un cadre à des pourparlers plus larges sur le secteur, notamment sur la refonte de la convention collective, que Dominique Bussereau a jugé "obsolète", selon Gérard Martinez, de FO.
Edité par Gérard Bon et Eric Faye