SOMMAIRE
tout le sommaire
© Reuters
La signature d'un accord vendredi entre les syndicats des chauffeurs routiers et une organisation patronale a levé la menace d'une grève et de blocus d'entrepôts en France à partir de dimanche. /Photo d'archives/REUTERS
PARIS (Reuters) - La signature d'un accord vendredi entre les syndicats des chauffeurs routiers et une organisation patronale a levé la menace d'une grève et de blocus d'entrepôts en France à partir de dimanche.
Deux jours de négociations sous l'égide de médiateurs désignés par le gouvernement ont été nécessaires pour éviter un conflit qui aurait eu de lourdes conséquences pour l'économie et aurait perturbé les fêtes de fin d'année des Français.
Pour y parvenir, le gouvernement a mis dans la balance un allègement des charges des entreprises du secteur de 100 millions d'euros, grâce à une disposition législative votée dans la nuit de jeudi à vendredi par les députés.
Les syndicats ont obtenu du syndicat patronal TLF (Transport et logistique de France), seul signataire de l'accord, une revalorisation salariale moyenne de 3,56% (4% pour le bas de grille, 2,9% sur le haut de grille) et une augmentation de 3% des frais des salariés du secteur des transports, notamment.
Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui a assisté à la signature de l'accord au ministère devant les caméras, s'est réjoui de ce dénouement devant la presse.
"Le gouvernement a souhaité que ce conflit soit évité à tout prix", en raison des conséquences qu'il pouvait avoir sur l'économie et les fêtes de fin d'année, a-t-il dit.
Bien que signé par une seule organisation patronale, l'accord a vocation à s'étendre à l'ensemble de la profession au terme d'une procédure mise en oeuvre par les pouvoirs publics.
"Le gouvernement veillera à ce que son extension se fasse dans les plus brefs délais", a assuré Dominique Bussereau.
APPLICATION EN JANVIER 2010
Il suffirait que deux des quatre syndicats patronaux fassent opposition pour bloquer l'extension pendant près de six mois. Une hypothèse que les syndicats de salariés refusaient d'envisager vendredi soir.
TLF représente 40% de la profession et 60% des salariés de la branche, selon les syndicats.
Dans un communiqué, le syndicat patronal a annoncé que l'accord ferait l'objet d'un avenant conventionnel dès la semaine prochaine. "Il s'appliquera à l'ensemble des entreprises après la parution de l'arrêté d'extension, en janvier 2010."
L'intersyndicale des chauffeurs (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO et CFTC), qui avait montré depuis le début des discussions une forte détermination, s'est également félicitée de cet accord, qui apparaît comme un compromis.
Sur les salaires, les syndicats réclamaient une revalorisation de 4% en moyenne. Ils ont finalement obtenu 3,56%.
"C'est un compromis qui nous semble acceptable dans la situation où se trouve la profession", a déclaré Richard Jaubert, secrétaire général de la CGT Transports.
Maxime Dumont, le chef de file de la CFDT, a estimé qu'il s'agissait d'un "accord du bons sens et du respect des salariés". "Grâce à l'implication d'une seule organisation patronale, nous avons pu sortir de l'impasse", a-t-il dit.
Le bras de fer entre l'intersyndicale et une partie du patronat s'était poursuivi jusqu'au bout de la nuit de jeudi à vendredi, trois organisations patronales ayant quitté la table des négociations.
Sur lepoint.fr, Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de l'une des trois organisations, de la FNTR, a dénoncé "un accord unilatéral". "Nous dénonçons cet accord signé avec une organisation qui ne représente que des grands groupes", a-t-il dit.
Interrompus à 06h00 (05h00 GMT) ce vendredi, les pourparlers ont repris vers 11h00 (10h00 GMT) avec la seule organisation TLF. Elles ont longuement buté sur une revalorisation des plus hauts salaires, ceux des chauffeurs qui effectuent de longs trajets, qui ont obtenu une revalorisation de 2,9%.
Mais en restant à la table des négociations, "TLF a réussi l'exercice difficile de défendre les intérêts des entreprises tout en maintenant un dialogue social valorisant pour le secteur", a dit son président, Philippe Grillot.
Gérard Bon, édité par Yves Clarisse