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La France a confirmé l'expulsion de neuf clandestins afghans, dénoncée par l'opposition et des associations de défense des réfugiés. "Effectivement, il y a eu ce matin neuf reconduites d'Afghans (...) en situation irrégulière", a déclaré le ministre de l'
PARIS (Reuters) - La France a confirmé l'expulsion de neuf clandestins afghans, dénoncée par l'opposition et des associations de défense des réfugiés.
C'est la deuxième expulsion groupée depuis octobre vers l'Afghanistan. Trois Afghans arrêtés en marge du démantèlement de la "jungle" de Calais, avaient alors été reconduits dans leur pays, provoquant un tollé dans le monde associatif et politique.
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a précisé que l'avion de la British Midland, affrété par le Home Office britannique, transportait aussi 21 Afghans interpellés en Grande-Bretagne. L'avion a fait escale à Paris mardi soir et est arrivé dans la matinée à Kaboul.
Eric Besson a affirmé lors d'une conférence de presse qu'il s'agissait d'une stricte application de la politique européenne en la matière et que les règles en vigueur avaient été "scrupuleusement respectées."
Face aux critiques, Eric Besson a assuré que tous les gouvernements depuis plus dix ans, y compris socialistes, avaient eu recours à des charters vers l'Afghanistan.
"La France a mis en oeuvre des mesures de retour contraint vers l'Afghanistan chaque année depuis plus de dix ans, y compris au cours de la période 1997-2002", a-t-il dit.
Joint par Reuters, l'ambassadeur d'Afghanistan en France, Omar Samad, a déclaré qu'aucun des clandestins expulsés n'avait exprimé la volonté de retourner dans son pays.
Or, a-t-il dit, "la position du gouvernement afghan est de ne pas accepter les rapatriements forcés".
Eric Besson a reconnu avoir délivré des laissez-passer européens, et non des documents afghans, tout en assurant avoir eu l'accord de l'ambassade. "Ça n'est pas exceptionnel lorsqu'il y a accord et ça n'a posé aucune difficulté", a-t-il dit.
"PAS LA FRANCE QUE J'AIME"
Le ministre a également souligné que huit des neuf Afghans expulsés par Paris n'avaient pas fait de demande d'asile, le neuvième ayant essuyé un refus.
Il a ainsi rectifié sa première déclaration, disant qu'aucun d'eux n'avait fait une telle demande.
Des organisations d'aide aux réfugiés comme la Cimade ont dénoncé cette nouvelle expulsion groupée et s'inquiètent du sort des Afghans reconduits dans leur pays contre leur gré.
"Le fait de vouloir à tout prix renvoyer des personnes contre leur gré dans un pays en plein chaos" conduit la France "à inventer de nouvelles règles et à exercer sa souveraineté y compris sur l'Afghanistan", dit la Cimade.
Des voix se sont également de nouveau élevées mercredi à gauche comme à droite, jusqu'au sein du gouvernement, pour dénoncer le renvoi des clandestins dans un pays en guerre.
"J'ai une certaine idée de la France et je crois que l'expulsion des Afghans civils dans un pays en guerre, ce n'est pas la France que j'aime", a ainsi déclaré la secrétaire d'Etat chargée de la Ville, Fadela Amara, sur France Info.
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, lui a répondu indirectement lors du compte rendu du conseil des ministres.
"La France que nous aimons tous c'est la France des droits de l'homme, c'est la France qui, par exemple, est le pays le plus généreux en matière d'accueil de réfugiés en Europe (...), qui accueille chaque année plus de 200.000 personnes au titre du long séjour sur notre territoire (...), qui naturalise plus de 110.000 étrangers chaque année", a-t-il déclaré.
Il a précisé que le président Nicolas Sarkozy avait "renouvelé son total soutien" à Eric Besson, également critiqué pour un débat très contesté sur l'identité nationale française.
Mais pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, interrogé sur France 2, "on ne peut pas prendre le risque de renvoyer chez eux des hommes et des femmes qui peuvent voir à leur retour leur vie menacée".
L'ancien dirigeant socialiste François Hollande a également jugé qu'il était inconcevable pour un pays comme la France de renvoyer des étrangers dans leur pays en guerre.
"Nul ne discutera que l'Afghanistan est en guerre depuis plusieurs années", a dit le député PS sur LCI.
Service France, édité par Yves Clarisse