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Cible de la gauche et d'une partie de la droite, Eric Besson a défendu pied à pied mercredi sa politique d'immigration, du débat controversé sur l'identité nationale à l'expulsion de neuf Afghans vers Kaboul. /Photo prise le 11 décembre 2009/REUTERS/Charl
par Gérard Bon
PARIS (Reuters) - Cible de la gauche et d'une partie de la droite, Eric Besson défend pied à pied sa politique d'immigration, du débat controversé sur l'identité nationale à l'expulsion de neuf Afghans vers Kaboul.
Ce transfuge du Parti socialiste, qui a reçu le soutien réitéré de Nicolas Sarkozy, s'est présenté mercredi comme l'artisan d'une politique visant à "apporter des solutions républicaines" aux "craintes et aux "tensions" liées à l'immigration.
"Je défie qui que ce soit de trouver un écrit de ce que j'ai pu dire depuis deux mois qui vise à stigmatiser l'étranger ou à stigmatiser une religion", a dit le ministre de l'Immigration lors d'une conférence de presse.
Il était accompagné de Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, qui tenait à apporter son soutien à un "ministre courageux qui en prend plein la tête".
Sur France Info, Eric Besson a affirmé que jamais le soutien du président de la République et du Premier ministre, François Fillon, ne lui ont manqué "l'espace d'un centième de demi-seconde".
De même, le ministre a balayé les réserves de la secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, sur l'expulsion de neuf Afghans: "Moi, j'applique la politique qui m'est demandée par le président de la République et par le Premier ministre."
Mais ce boulimique de travail, qui, après quinze ans de carrière politique, a fait irruption en quelques mois dans la cour des grands, est perçu par ses détracteurs comme l'exécutant peut-être trop zélé de la politique de Nicolas Sarkozy.
Les médias soulignent régulièrement son mimétisme avec le chef de l'Etat, auquel il emprunterait ses méthodes de communication et son goût des médias.
L'ONDE DE CHOC SUISSE
"Sa méthode ? S'inspirer du président, le copier, lui ressembler, en devenir une caricature jusque dans ses tics", écrivait L'Express en octobre dernier.
Pour une grande partie de la gauche, Eric Besson a bien rompu avec son passé socialiste mais certains, dans sa nouvelle famille, n'apprécient pas ses tentatives pour polir son image.
Le ministre a ainsi refusé les tests ADN pour le regroupement familial des immigrés et a reconnu qu'en France, les "contrôles au faciès" de la part des forces de l'ordre étaient "une réalité".
De même, la façon dont évolue le débat sur l'identité nationale suscite un malaise croissant dans la majorité, où Eric Besson se voit reprocher d'avoir mal préparé son sujet.
L'organisation de débats à Paris et en province a été confiée aux préfets, lesquels utilisent un questionnaire que nombre d'intellectuels jugent partisan, voire xénophobe.
Selon Eric Besson, deux événements fortuits sont venus parasiter un débat qui était bien lancé: les incidents qui ont suivi le match Egypte-Algérie pour la Coupe du monde de football et le vote suisse sur les minarets.
"L'onde de choc après le vote suisse a été largement européenne", a-t-il plaidé, tout en rejetant toute idée de suspension ou de recadrage malgré les critiques qui ont suivi plusieurs dérapages supposés.
Selon lui, seuls deux des 55 débats organisés à ce jour ont été perturbés "par une intrusion extérieure" et dans la plupart des cas, les participants resteraient "jusqu'au bout de la nuit" si on ne leur demandait pas de quitter la salle.
Pour Eric Besson, nier un lien entre immigration, intégration et identité nationale, "c'est nier toute l'Histoire de France et toute l'actualité de la France".
Il a également estimé que la meilleure façon d'apaiser les tensions et les craintes sur l'islam qui s'expriment lors des débats était "d'apporter des solutions républicaines."
"Faire semblant de ne pas entendre, ça nous donne des 21 avril", a-t-il dit à propos de la qualification du président du Front national Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle de 2002 face à Jacques Chirac.
Édité par Sophie Louet