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Un soldat de la légion étrangère française en patrouille dans la province de Kaboul, début octobre. Lors d'un débat sans vote mercredi à l'Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que la France n'avait pas besoin
PARIS (Reuters) - La France n'a pas besoin d'envoyer de renforts militaires en Afghanistan "dans l'état actuel des choses", déclare Bernard Kouchner.
Le ministre des Affaires étrangères intervenait dans le cadre d'un débat sans vote sur l'Afghanistan à l'Assemblée nationale, au lendemain de l'expulsion de neuf immigrés clandestins afghans vers Kaboul.
Cette mesure a suscité l'ire des associations d'aide aux réfugiés, de l'opposition et de plusieurs personnalités de droite.
Bernard Kouchner, qui avait jugé en novembre que les expulsions vers un pays "où on se bat" n'étaient "pas utiles", s'est attiré les quolibets de la gauche dans l'hémicycle quand il a évoqué la "jeunesse éduquée" dont l'Afghanistan a besoin pour se reconstruire.
Il a annoncé le doublement du nombre de visas longue durée pour les étudiants afghans en 2010, ce qui devrait permettre d'accueillir en France "une centaine de jeunes Afghans supplémentaires".
"Je me battrai pour que le nombre des Afghans accueillis soit supérieur au nombre de ceux qui devront partir", a-t-il assuré sous les protestations de l'opposition.
La France a engagé 3.750 soldats sur le terrain afghan, où Barack Obama vient d'annoncer l'envoi de 30.000 soldats américains en renfort. Le président des Etats-Unis a demandé dans la foulée à ses alliés occidentaux de revoir leurs contingents à la hausse.
L'Otan a d'ores et déjà annoncé qu'un nouveau contingent de 7.000 militaires issus de 25 pays alliés serait déployé en renfort dans les mois à venir.
Les autorités françaises attendent la tenue d'une conférence internationale de donateurs, fin janvier à Londres, pour annoncer l'éventuel envoi de renforts mais pour Bernard Kouchner, "dans l'état actuel des choses, nous n'avons pas besoin de renforcer nos troupes".
"MUNICH OU LE VIETNAM"
"Tous les stratèges vous le diront, c'est la mission qui détermine le nombre des soldats", a poursuivi Bernard Kouchner. "Aujourd'hui, nous remplissons notre mission" qui "tient en trois mots: régionalisation, afghanisation, réconciliation", a-t-il estimé.
Le chef de la diplomatie a toutefois souligné que l'engagement français en Afghanistan devait s'inscrire dans la durée. "Ce qui n'est pas possible, c'est que la France (...) ait versé le sang de ses soldats et qu'elle ait fait tout cela pour renoncer avant le terme", a-t-il dit.
Fin novembre, Nicolas Sarkozy avait expliqué que le contingent français resterait "aussi longtemps que nécessaire" sans évoquer l'envoi de renforts.
Le Parti socialiste est opposé au renforcement du contingent français - il avait voté contre en septembre 2008 - , et mercredi, il a réclamé un calendrier précis pour la mission des forces françaises en Afghanistan.
"Nos troupes ne sont pas des troupes d'occupation", a déclaré l'ancien ministre Jean Glavany pour qui la solution en Afghanistan ne sera pas militaire mais "comme toujours politique et diplomatique".
Pour Jean-Christophe Cambadélis, chargé des questions internationales au PS, Nicolas Sarkozy "a placé la France devant un choix entre Munich ou le Viêtnam, l'embourbement ou le retrait sans gloire".
Contrairement à la ligne officielle du PS, Manuel Valls a fait savoir qu'il était favorable à l'envoi de renforts. "Il faut soutenir l'initiative de Barack Obama", explique le député socialiste de l'Essonne dans Le Figaro, saluant la "nouvelle stratégie" du président américain.
Le Parti communiste a réclamé de son côté le retrait des forces sous commandement de l'Otan et le renforcement du rôle des Nations unies en Afghanistan.
Service France, édité par Sophie Louet