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Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a présenté un projet de résolution et une proposition de loi interdisant en France le port de la burqa en revendiquant le soutien de François Fillon. /Photo prise le 9 août 2009/REUTER
Correction aux paragraphes 9 et 10, les propos de Dominique Paillé ont été attribués par erreur à André Gérin.
PARIS (Reuters) - Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a revendiqué le soutien de François Fillon à son projet de résolution et de proposition de loi interdisant en France le port de la burqa.
Rédigé par le groupe de travail interne du groupe UMP de l'Assemblée, le texte dévoilé vise "à interdire le port de tenues ou d'accessoires ayant pour effet de dissimuler le visage dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique".
"Le Premier ministre, et nous en avons été tous très heureux, a confirmé ce matin qu'il était tout à fait en phase avec notre ligne, à savoir une résolution et une loi", a déclaré Jean-François Copé, qui a été accusé de jouer une carte personnelle alors que ce sujet divise la majorité.
Nicolas Sarkozy se serait prononcé contre une loi sur ce sujet, selon des participants à une réunion récente entre le chef de l'Etat et des responsables de l'UMP.
Les textes seront prochainement déposés afin d'être examinés en séance publique fin mars, a précisé Jean-François Copé en rendant compte de la réunion hebdomadaire des députés UMP.
"C'est un élément pour nous important d'avoir la parole du Premier ministre sur ce point", a-t-il ajouté, "parce que certains ministres ont tenu des propos qui étaient très durs à l'égard d'un certain nombre de députés".
Des membres du gouvernement ont accusé le patron des députés UMP, qui a toujours revendiqué son autonomie vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, de faire cavalier seul sur la question symbolique du voile intégral en poussant l'idée d'une loi sans attendre les conclusions de la mission d'information de l'Assemblée nationale, qui rendra ses conclusions en janvier.
"Essayons d'avoir une position qui dépasse les clivages politiques et puis surtout que personne ne fasse d'opération d'autopromotion personnelle", a déclaré sur RTL Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi.
Dominique Paillé a abondé dans le même sens sur Radio Classique. A la question de savoir si Jean-François Copé jouait "perso", le porte-parole adjoint de l'UMP a répondu : "La réponse est oui. C'est une évidence aujourd'hui".
"COURSE À L'ÉCHALOTE"
"Jean-François Copé a déposé un texte intéressant, peut-être même sera-t-il utile, mais il aurait dû très sincèrement attendre les conclusions de la mission Gérin avant de lancer cette opération", a-t-il dit.
Le député communiste André Gérin copréside avec l'UMP Eric Raoult la mission d'information sur la burqa.
Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a, de même, déclaré que "vouloir anticiper sur les conclusions de la mission parlementaire, c'est dévaloriser le Parlement".
"Sur les questions de société il est souhaitable, et c'est la tradition ici, qu'on trouve des solutions partagées entre les différents groupes politiques. Ce n'est pas un problème entre la droite et la gauche", a-t-il estimé devant la presse.
L'article 1er de la proposition de loi de Jean-François Copé stipule que "nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage, sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d'Etat".
Le texte prévoit une amende de 750 euros pour les contrevenants, les sanctions étant applicables aux faits constatés à l'expiration d'un délai de six mois suivant la promulgation de la loi.
Le porte-parole du groupe socialiste, Bruno Le Roux, qui a plaidé en faveur "d'outils juridiques qui ne soient pas simplement une loi d'affichage, une loi bavarde", a dit lui aussi préférer une "position unanime" de la mission d'information. Le PS s'est déclaré contre une loi sur la burqa.
Il a jugé "particulièrement désolant" que le groupe UMP présente sa propre position "pour des questions de préséance à l'intérieur de la majorité". "
Pour le député Vert Noël Mamère, ce débat sur le port du voile intégral n'est qu'une "course à l'échalote entre le président de la République et le président du groupe UMP".
"Je pense qu'il ne faut pas d'outils législatifs nouveaux", a-t-il déclaré. "Cette loi ne sera qu'une loi de circonstance, une de plus", a-t-il dit.
Emile Picy, édité par Yann Le Guernigou