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François Fillon s'est prononcé mardi pour une résolution et un texte de loi sur le port de la burqa en France, sans en préciser les modalités. /Photo prise le 6 janvier 2010/REUTERS/Farid Alouache
par Sophie Louet et Emile Picy
PARIS (Reuters) - François Fillon s'est prononcé mardi pour une résolution et un texte de loi sur le port de la burqa en France, sans en préciser les modalités, avec la volonté de mettre fin aux affrontements au sein de la majorité.
Le chef de file des députés UMP Jean-François Copé, accusé d'avoir court-circuité la mission d'information parlementaire sur la burqa, a revendiqué le soutien du Premier ministre dans sa démarche considérée comme un cavalier seul opportuniste par des membres du gouvernement et de la majorité.
François Fillon, qui avait affirmé en décembre à l'instar de Nicolas Sarkozy que la burqa n'était "pas la bienvenue en France", a fait valoir lors de la réunion du groupe UMP sa préférence pour une résolution fixant les principes, en premier lieu le respect de la femme, et une loi d'application.
"Le Premier ministre a été très clair. Il a dit 'il y a résolution parlementaire (pour affirmer les principes), loi et décrets'. Ce qu'il a tranché c'est le projet de loi ou la proposition de loi", a-t-on expliqué dans son entourage.
Le chef de l'Etat n'a toujours pas rendu publiques ses options, mais il penchait récemment pour une résolution parlementaire selon des responsables de l'UMP qui l'ont rencontré. Une résolution n'a pas en droit le caractère général d'une loi.
Jean-François Copé a pris de court l'exécutif en annonçant en décembre le dépôt d'une proposition de loi sans attendre les conclusions, fin janvier, de la mission coprésidée par le communiste André Gérin et l'UMP Eric Raoult.
Le président du groupe UMP, qui revendique son autonomie vis-à-vis de l'Elysée et ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2017, assure que 220 députés UMP sont prêts à signer son texte stipulant que "nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage".
Cette initiative lui vaut les critiques d'une partie des membres du gouvernement et de la majorité.
"TOUT À FAIT EN PHASE"
En se ralliant au scénario d'un texte législatif, le Premier ministre, qui joue de plus en plus les pacificateurs en lieu et place du président de la République, a voulu taire les divisions à l'approche d'élections régionales à risque pour la majorité.
"A l'heure des régionales, où nous sommes challengers partout, la faiblesse de nos adversaires, ce sont leurs divisions, et nous si on a une force, ce sera notre unité", souligne-t-on dans son entourage.
"Ce sujet ne doit pas devenir un sujet d'affrontement au sein de la majorité. Lui, son rôle de chef de la majorité, c'est essayer de trouver quelque chose qui rassemble tout le monde", ajoute-t-on.
On observe qu'une résolution "a son intérêt si on la considère comme une façon d'élargir le consensus". "On sait grosso modo que les socialistes ne veulent pas d'une loi : en revanche, sur les principes, on peut peut-être se retrouver".
François Fillon a toutefois temporisé face à la démarche expresse de Jean-François Copé en renvoyant le débat sur le périmètre d'une éventuelle loi, les sanctions, la constitutionnalité et la compatibilité avec la jurisprudence européenne après les régionales de mars pour ne pas parasiter la campagne.
"Ce débat-là, il sera tranché après les régionales", dit-on dans son entourage.
Le Premier ministre a souligné lors de la réunion hebdomadaire des députés UMP que le combat pour la protection des femmes était "son combat", ont rapporté des participants.
"Tout à fait en phase avec notre ligne", a assuré Jean-François Copé. "C'est un élément pour nous important d'avoir la parole du Premier ministre sur ce point".
Le député-maire de Meaux a précisé que les textes seraient prochainement déposés afin d'être examinés en séance publique fin mars.
Le texte prévoit une amende de 750 euros pour les contrevenants, les sanctions étant applicables aux faits constatés à l'expiration d'un délai de six mois suivant la promulgation de la loi.
Selon des rapports de police publiés à l'automne 2009, le port du voile intégral concernerait 1.900 femmes en France.
Edité par Yves Clarisse