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Sursitaire devenu pilote au long cours, François Fillon a placé jeudi lors de ses voeux à la presse son action sous le sceau de la rigueur en réaffirmant son "obsession" des réformes et en préparant les Français à des "efforts budgétaires". /Photo prise l
par Sophie Louet
PARIS (Reuters) - Sursitaire devenu pilote au long cours, François Fillon a placé jeudi son action sous le sceau de la rigueur en réaffirmant son "obsession" des réformes et en préparant les Français à des "efforts budgétaires".
Porté par une cote de popularité qu'aurait convoitée nombre de ses prédécesseurs à Matignon, mille jours après son entrée en fonction, le Premier ministre goûte une forme de revanche politique - même s'il récuse le terme mis en exergue jeudi par L'Express - après le temps des vents mauvais.
"Cohérence politique", "réserve" et "gravité": tels ont été ses mots lors de ses voeux à la presse. "Certains jugeront sans doute cet exercice du pouvoir trop classique. Je l'assume".
L'homme qui saluait encore mardi à l'Assemblée en Philippe Séguin, le premier président de la Cour des comptes décédé la semaine dernière, un mentor "indifférent aux modes, étranger aux familiarités et aux paillettes" continue d'affirmer sa loyale différence avec Nicolas Sarkozy sans y voir de paradoxe.
François Fillon a défendu une relation "de complicité et de complémentarité" avec le chef de l'Etat dont il a loué la "droiture" et la "franchise".
"Il sait qu'il peut compter sur ma loyauté", a-t-il dit.
Un rappel qui prend un relief particulier avec la parution d'un livre d'entretiens dont la principale révélation supposée a irrité Nicolas Sarkozy, si l'on en croit son entourage.
"La Carpe et le Lapin", paru ce jeudi, affirme en citant François Fillon que le chef de l'Etat et le Premier ministre ont scellé un accord en 2008 garantissant au locataire de Matignon de quitter ses fonctions peu avant les échéances de 2012.
Le Premier ministre a démenti jeudi "des propos qui me sont attribués et que je n'ai pas prononcés".
"IL FAUT ALLER PLUS LOIN"
Ma mission, a-t-il répété, "durera ce qu'elle devra durer".
Assez pour accompagner la reprise - avec un taux de croissance revu à la hausse pour 2010 -, assez pour renouer avec "une trajectoire vertueuse" des finances publiques et poursuivre les réformes "dans un climat social très responsable".
La réforme des retraites, sans nul doute, sera un curseur déterminant dans la dernière phase du mandat de François Fillon, même si un échec de la majorité aux élections régionales de mars pourrait le fragiliser.
Nicolas Sarkozy a annoncé des décisions pour fin 2010.
"Personne ne doit s'attendre à des décisions faciles pour assurer la pérennité de nos régimes de retraites", a prévenu le Premier ministre.
L'auteur de "La France peut supporter la vérité" s'est voulu de nouveau sans détour en matière économique: "Le temps des efforts budgétaires est devant nous".
"Il faut aller plus loin et tenir la barre contre le flot des dépenses publiques. (...) Je récuse l'idée d'une rigueur aveugle, mais il faut être responsable", a-t-il lancé.
Se défendant de céder à l'autosatisfaction, il a estimé que "le puzzle" d'une France rénovée se dessinait et que le pays était "sur la bonne voie".
"J'ai l'obsession des réformes et la hantise du temps qui se consume", a-t-il dit. "Il faut dire la vérité et se retrousser les manches".
Un programme de futur candidat à la présidentielle diraient ceux des journalistes que François Fillon accuse ironiquement d'avoir "le goût du roman". "La politique n'est pas un jeu", a-t-il dit.
Dans l'immédiat, le Premier ministre se fixe pour objectif de favoriser l'issue la moins négative possible pour la majorité aux élections régionales.
Il fera tout, a-t-il confié à des journalistes, pour empêcher le "grand chelem" socialiste que Martine Aubry appelle de ses voeux.
Il a souhaité dans cette perspective que le débat sur l'interdiction de la burqa soit "dégagé de l'enjeu des régionales" et a confirmé que la discussion sur le périmètre d'une future loi s'engagerait après le scrutin.
Édité par Yves Clarisse